Guy Allix, poète

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Philippe Mac Leod

 
 

Né en 1954, Philippe Mac Leod réside dans les Pyrénées, où il mène une vie contemplative depuis plusieurs années. Née de la rencontre du ciel et de la terre, sa poésie traduit la quête de transparence qui est au cœur de son expérience spirituelle. Il a publié deux recueils de poèmes aux éditions Le Castor astral : La Liturgie des saisons (Prix Max-Pol Fouchet 2001) et Le Pacte de lumière (2007). Aux éditions Ad Solem, vient de paraître L’Infini en toute vie (2008), une suite de méditations sur les chemins de montagne, pour faire descendre en nous le murmure des hauteurs.

 

Je ne connaissais pas Philippe Mac Léod avant de recevoir ces quelques textes... C'est assez cependant pour penser qu'il mérite de rejoindre cette anthologie. 

 

 

 

 

Un peu d’eau et de terre, comme aux temps de création... L’aveugle-né remue et avance à tâtons, les yeux pleins d’ombres et de rumeurs qui s’éloignent.

 

Aubes vagues, silhouettes d’arbres en marche, la terre sans chemin et pour tout horizon deux paupières lourdes et sans sommeil.

 

Chairs et membres gorgés des ténèbres anciennes qui les ont enfantés, il te faut maintenant porter cette nuit qui pèse et t’alourdit : l’élever à la lumière d’un jour plus haut, l’azur de tes yeux comme la surface frémissante de la piscine où tu sombres avec délices. Voir !

 

Voir ! cries-tu sans voix — les ténèbres comme sable

Au fond de clartés qui te roulent et te lavent sans fin.

 

 

****

 

 

 

Ce cœur brûlant de la vérité, qui trahit la présence de celui qui marche à nos côtés — toujours attentif mais invisible à la nôtre.

Notre parole va et vient, suit deux chemins qui s’ignorent, inséparables cependant, comme un écho qui jamais ne lui revient.

Auprès d’une lampe, nous attendons le soir, sur une table à l’écart. Peut-être retiendrons-nous l’inconnu qui allait fuir sans nous livrer son nom.

Un mot rompu dans l’ombre, par des mains étrangères qui pourtant nous ressemblent — et découvrent un autre cœur qui nous habitait.

 

****

 

 

Combien d’années as-tu passées, à l’intérieur de la sphère du monde, reclose sur les pâles clartés d’un astre voilé

avant de rencontrer l’échappée réelle, le jaillissement de la lumière, la faille fraîche qui d’un coup déchire tout ?

Tu respires à présent, tu marches loin de toi, sous un ciel qui s’élargit, ruisselant de souffles inouïs, d’espaces fulgurants

où le soir, parfois, tu crois reconnaître le frisson d’un char incendié.

Une autre déchirure maintenant se propage, entre le ciel et l’horizon, le vent et l’arbre qui s’agite, entre l’épaule et le manteau qui tombe

où à nouveau il te faudra passer, arraché à ton propre reflet, comme par le chas de l’aiguille

vers des couchants toujours plus vastes.