Le hareng saur
A Guy.
Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.
Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.
Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.
Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.
Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.
Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.
J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.
Guy-Charles Cros (qui, au passage, me destinait ce poème...)
Et emmerder certains poètes, sérieux, sérieux, sérieux.
Bon, c’est moi mais attendez que je me réveille !

Là c'est mieux, je suis bien réveillé dans le nid que mes deux parents adoptifs m'ont confectionné avec toute l'attention dont ils sont capables.

Comme c'est doux !

Là c'est mon père adoptif qui me donne à manger. C'est bon !
Bon, depuis j'ai beaucoup grandi... Je vole comme un as de l'aviation et je mange tout seul comme un grand. Je dois ajouter que je chante beaucoup mieux qu'un rossignol... et donc que mon père adoptif... Je vous montrerai ça la prochaine fois.
En passant je vous livre ceci
(j'espère que ce pauvre père adoptif et mal chantant lira...) :
Rossignol mon mignon, qui dans cette saulaie
Vas seul de branche en branche à ton gré voletant,
Dégoisant à l'envi de moi qui vais chantant
Celle qui faut toujours que dans la bouche j'aie,
Nous soupirons tous deux ; ta douce voix s'essaie
De fléchir celle-là, qui te va tourmentant,
Et moi, je suis aussi cette-là regrettant,
Qui m'a fait dans le cœur une si aigre plaie.
Toutefois, Rossignol, nous différons d'un point,
C'est que tu es aimé, et je ne le suis point,
Bien que tous deux ayons les musiques pareilles :
Car tu fléchis t'amie au doux bruit de tes sons,
Mais la mienne qui prend à dépit mes chansons,
Pour ne les écouter se bouche les oreilles.
Pierre de Ronsard (1521-1585) La continuation des amours (1555)
Texte de la première édition
Orthographe modernisée
Tipiaf tu exagères, je chante beaucoup moins bien que toi mais le reste... c’est pas vrai…

Là, c'est le 10 juin, mon papa adoptif a vieilli mais moi j'ai grandi.
Qu'est-ce que je suis beau ! Sur une patte... trop facile !
13 juin : et vous, vous vous croyez beau au sortir du bain ?
Là c'est le 30 juin... Pour être toujours plus beau, j'ai encore fait ma toilette à grandes eaux. Attendez que je sèche et vous verrez le résultat.
Elle me fait manger dans sa menotte ! (17 juillet)
Mais je peux aussi manger tout seul !
Un message de Claude Held :
Nos félicitations à Clémence et au père adoptif: ils introduisent de la chaleur dans un monde de plus en plus froid; et nos meilleurs voeux d'envol à Tipiaf ; cette nuit, j'ai essayé de sauver une souris... mais je suis arrivé trop tard.
Bien à vous.
Claude Held

Bon, ils n'arrêtent pas de me mitrailler... Mais vaut mieux ça que des coups de fusil.
Profil gauche (le vrai...)
Regardez-moi ce poète en train d'embrasser le plus beau piaf du monde !
Petit câlin maintenant.
Et après ça je suis content, il est gentil mon papa adoptif !
Bon, je sais, j'ai une petite cicatrice au dessus des yeux... Mais ça disparaîtra vite.
Miroir, gentil miroir...
Bon, vous voulez ma photo ?
J'ai encore plein de choses à vous raconter car depuis 1 mois ma vie a bien changé. Mes parents adoptifs m'ont restauré une belle maison. Il y ont passé une bonne partie de leurs vacances. Ils m'ont mis dedans : c'est ma maison... La voilà :
Quand ils ont aménagé cette belle maison (ils ont même mis dedans le ficus sur lequel je dormais souvent), ils avaient adopté une autre bestiole beaucoup moins belle que moi (forcément !) et qui en fait de chant pousse des cris ridicules.
La voici face à moi... Il a l'air bête non ?
Allez voici encore quelques photos de ce ridicule animal qui ne sait même pas voler...
(Ce bougre voudrait bien me plumer... Mais mes parents sont là pour me protèger.)
J'avoue que le première fois qu'ils m'ont mis dans la maison, je n'ai pas compris. Aussi quand le lendemain, Mapiaf (c'est comme ça que je l'appelle) est venue me voir dans ma maison, je suis vite sorti et j'ai regagné dare-dare la grande maison et le bureau de Papiaf (voir un peu plus loin).
Je ne sais pas, ou plutôt je n'ai pas su alors, pourquoi ils m'ont remis aussitôt dans cette maison de campagne.
Maintenant je sais... et j'écris chaque jour par mon vol ce nom : Liberté.
Oui, comme ils sont gentils et veulent que je sois libre, ils ont donc ouvert la cage au bout de quinze jours. Mais moi pas fou : je fais quelques tours dans le monde (que c'est grand !) mais je reviens toujours dans ma maison et je réponds aussi quand Mapiaf m'appelle. Papiaf dit que je suis un petit bonheur. Je crois qu'ils m'aiment beaucoup tous les deux mais je le leur rends bien.
En attendant la suite de mes aventures avec d'autres images, vous pouvez m'écouter sur le blog de mon père adoptif. Il m'a laissé dans son bureau devant son microphone et son ordinateur une après-midi entière et j'ai chanté comme une vedette que je suis. Les pâles chanteurs de la radio peuvent aller se rhabiller.... Quelle plumée !
Je chante,
Je chante soir et matin
Je chante sur mon chemin... :
Pas besoin de partitions !
Alors, quand est-ce que je me mets au micro ?
Là je suis sur l'épaule de mon père adoptif : il adore travailler avec moi. Il paraît que je l'inspire...
Dans ma maison :