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Marc Baron

 

 

 

 

Naissance le 3 octobre 1946, à Valence, un jour de grand vent, dans les terres maraîchères de la Drôme où ses parents cultivaient les fruits, les légumes et le courage à perte de vue, le long du Rhône qui passait par là. Cette enfance dans les labours ne l’a jamais quitté tout à fait ; il n’y a, pense-t-il, que l’écriture du soc et de la charrue qui puisse atteindre le nœud du problème. En cela il se sent très proche du poète égyptien Edmond Jabès qui affirmait : Ecrire, c’est avoir la passion de l’origine : c’est essayer d’atteindre le fond.

Six années de théologie, de philosophie et de musique (orgue et piano) lui ont ouvert les yeux sur la face cachée de l’iceberg existentiel. Son travail avec les peintres, les sculpteurs et les photographes n’est qu’un prolongement naturel de sa recherche sans limite établie.

Depuis 1985, il est chargé du Livre et de la Lecture au Centre Culturel Juliette Drouet à Fougères (Ille et Vilaine) et c’est à ce titre qu’il créa, cette même année 85, le Salon du Livre Jeunesse de Fougères dont il est toujours le programmateur et le Directeur Artistique.

Ses premiers poèmes ont été publiés en 1975 dans La NRF (Gallimard), dirigée alors par Marcel Arland qu’il considère un peu comme son père en littérature.

Il a publié une quinzaine de recueils de poèmes  et obtenu Le Grand Prix des Ecrivains Bretons en 1986.

Il est membre des jury du prix Georges Perros  et du Prix Guillevic.

Adepte de la course à pied qu’il pratique à raison d’une cinquantaine de kilomètres par semaine alors qu’il écrit trois poèmes hebdomadaires, Marc Baron est donc un poète écologique exemplaire qui ne consomme, en moyenne, que six poèmes aux cent kilomètres.

 

 

En adepte de la course à pied (et de la musique…), Marc Baron connaît l’économie du souffle. Pas une foulée de trop ici quand bien même elle sait être économique justement, on suit la ligne bleue du marathon (même s'il avoue ne pas s’y être risqué encore), la ligne idéale et on essaie de ne pas peser. Mais on ne saurait réduire cette poésie à l’économie heureuse de ses mots. Marc Baron sait aussi qu’écrire est un verbe d’amour de même que courir et il a vu que la poésie vit comme une lampe. S’il garde, ainsi qu'il le dit avec humour, un rythme « écologique », ce n’est jamais, dans ce "besoin de croire", que pour donner plus longtemps, pour aimer encore et toujours. Jusqu'à la dernière ligne droite. 

 

« On est frappé, à lire ses poèmes, par leur musicalité qui n’est classique qu’en apparence. Il ne faut pas s’en étonner car Marc Baron fut d’abord organiste et professeur de piano. La symbiose entre le rythme du vers et d’une partition est chose  courante, d’autant qu’en l’occurrence on a affaire à un professionnel. Cependant le sens de l’harmonie verbale et d’une prosodie d’une grande délicatesse, sans aucun tape-à-l’œil, n’est pas la seule vertu de ce poète. Sa vision du monde est celle d’une conquête semée d’incertitudes, et il chante le chemin, la « transhumance » de cette permanente et nécessaire conquête de soi, avec une persuasive sincérité (…) On verra que se poursuit avec la même tranquille assurance - qui n’exclut aucune  inquiétude – cette recherche obstinée d’une juste et  salvatrice relation au monde, ceci dans une forme économe, précise et toujours fluide. »

 

                                                                Charles Dobzynski  ( Aujourd’hui Poème )

 

Dernières publications :

Comme un soleil entre deux pluies, Pluie d’étoiles éditions, 2002

Les amants du fragile, préface de Gilles Baudry,  L’harmattan, 2002

Cours vite, Salomé ! Roman, illustrations de Jérôme Brasseur, éd. Magnard-Jeunesse, 2004

Un fleuve passe sous ton atelier, avec des sculptures de Jean-Pierre Waeckel, photographies de Gérard Fourel,  éd. Henri des Abbayes, 2005.

Donne-moi de l’eau pure, préface de Charles Juliet, éd. La part Commune, 2005.

Un amour d’enfance (collectif d’auteurs) éd. Bayard-Jeunesse, 2007

Tant de neige sur mon pays, Pluie d’étoiles éditions, 2008

 

Me faut de l’espace

Du temps            du désir

 

De l’oubli           de la foule

De la flamme           de l’eau

 

Du fleuve me faut

Du courant d’air

 

Du bleu de terre

Des branches nues

 

Du souffle me faut

Des rêves           des raisons

 

Du silence           de la folie

Du jamais entendu

 

***

 

Qu’as-tu puisé dans le puits ?

 

L'eau lumineuse?

Le désir enfoui

La pièce de monnaie qu’un enfant lança

Pour survivre ?

 

Connais-tu ta richesse ?

 

                     ( Donne-moi de l’eau pure)

                               

***

 

Ne pas l’oublier            la lampe

Dans sa façon de vivre au jour le jour

Et de prendre sa place dans le cœur obscur

 

Le mot qui s’éclaire            il te sauve

 

Ne pas attendre

 

Va vivre comme la lampe

 

***

 

Une page de neige

le vent l’a tournée

 

Un chat bien noir

qui court dans l’hiver

 

Une tache d’encre

 

Désir d’écrire

 

Besoin de croire

 

                           (Tant de neige sur mon pays) 

                                                                   ***

 

 

Courir

Verbe de mouvement

 

Verbe du souffle

Et du grand air

 

Du cœur dans les mollets

Je cours puisque je t’aime

 

Courir

Verbe d’amour

 

Courir vers toi

Des jambes dans la tête

 

Je pense donc je cours

Tu m’aimes donc j’y crois