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Né en 1950. Publie régulièrement à Cheyne depuis 1984. Prix Artaud 1984, Prix Apollinaire 1994, Grand Prix du Mont-Saint-Michel 1999 et Prix Max Jacob 2006. Quatre romans, un récit et du théâtre publiés par le Castor Astral, l’Aire et les Solitaires intempestifs. Nombreuses interventions sur les rapports poésie et pédagogie. Dirige, avec Jean-Marie Barnaud, la collection Grands fonds de Cheyne éditeur. “Poète associé” au C.D.N. de Reims pendant six ans, il rejoint ensuite le T.N.P. de Villeurbanne, aux côtés de Christian Schiaretti, son directeur. Directeur artistique du Printemps des poètes.
Je tiens Jean-Pierre Siméon pour un poète majeur de ce temps (il n'est que de lire Le sentiment du monde pour s'en convaincre). Il est aussi un infatigable militant de la poésie. Et puis je l'ai vu simplement devant un "club poésie" d'une trentaine d'élèves fascinés, émerveillés. Il sait parler aux enfants comme aux adultes. C'est là un signe fort. Du reste, sa poésie pour enfants est d'une grande authenticité, loin des mièvreries trop habituelles en ce domaine.
Contact : jp.simeon@printempsdespoetes.com
Moi et moi
Aux filles du Printemps
Un jour il me faudra bien choisir
Entre moi et moi
Quel est l’autre que je veux être
J’ai tant de visages
Derrière mon visage
Un visage pour le feu qui court
Un visage pour l’eau qui dort
Il y a tant de chemins
Sous mes pieds
Celui du plein jour
Celui de la nuit noire
Mais lequel mène à l’autre ?
Entre moi et moi il y a le monde
Avec sa terre et son ciel
Le feu l’eau et les chemins
Un jour c’est dit
Je laisserai moi et moi
Derrière moi
Et je me perdrai dans le monde
Pour trouver l’autre que je suis
inédit
***
Fresque peinte sur un mur obscur,
in Fresque peinte sur un mur obscur, ed Cheyne Editeur 2002
Et toi misère quels sont tes mots ?
quels chiens aux basques du poète
qui passe comme un roi trop vêtu
et passe mourant de son effort
dans la ruine du monde ?
A h donc vivre ici
et chaque matin se reconnaître défait
dans chaque homme qui tombe
c’est comme nouer de ses mains
la corde des nuits
misère quelle est ton nom
dans la langue des poèmes
affranchie des corps de la sueur des corps
et quel dans la langue des peuples
que trop de vie épuise ?
est-ce assez encore
que d’oser la main sur un visage
quand tout un ciel se dérobe
dans l’œil creux du supplicié ?
garde ma voix misère
dans ta voix creuse