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Jean-Luc Maxence

 


 

Jean-Luc Maxence (né en juin 1946), poète, écrivain et éditeur français.

 

Son activité éditoriale au Nouvel Athanor qu'il dirige avec sa compagne Danny-Marc est orientée vers la défense de la poésie contemporaine tout comme les revues qu'il a fondées Présence et Regards (dans les années 70) et Les Cahiers du Sens, superbe revue qui paraît depuis vingt ans

 

Il a publié de nombreux recueils de poésie ainsi que des essais sur la toxicomanie, les écrivains séropositifs ou encore des études sur René Guénon, Jean Grosjean ou Carl Gustav Jung. On lui doit aussi plusieurs romans et des anthologies de poésie mystique (1999) et maçonnique (2007).

 

Depuis Le ciel en cage (bientôt 40 ans déjà !) la poésie et l'œuvre de Jean-Luc Maxence ne se sont jamais compromises, ne se sont jamais démenties. L'homme non plus. Tour à tour poète, éditeur, psychothérapeute (il fut longtemps le directeur du Centre Didro à Paris), romancier, pamphlétaire... Tour à tour mystique et révolté, il mène ses multiples combats avec une étonnante énergie, avec une indépendance radicale, indestructible.

 

C'est aussi un ami rare : tant pis pour ceux qui ne surent être à la hauteur de sa fidélité et de sa générosité (voir le second poème inédit ci-joint). Il reste pour moi, et ce pour toujours, ce grand frère Gavroche que j'aurais aimé avoir, assez fou pour publier dans les années 70 cet obscur inconnu de vingt ans que j'étais à compte d'éditeur (oui, Messieurs du CALCRE !).

 

Ne cherchez donc pas à le ranger dans vos petits tiroirs-caisses cartésiens, Messieurs les "Importants". Jean-Luc Maxence est à jamais inclassable. Et c'est heureux.

 

Contact : godme@free.fr

 

 

Mourir n’est peut-être pas triste



Après les dunes de ton corps
Et les mirages de tes yeux et tant de petites culottes soulevées
Et tant de slips-Tarzan déchirés par ta colère de prédateur
Petit vainqueur des vespasiennes déchirantes
A l’heure des serpents et des dragons
Qu’es-tu devenu ?

Mourir n’est peut-être pas triste
Après l’amour et la rage dans ta bouche vipérine
Pour les siècles des siècles

****



Souvenirs poétiquement incorrects



Souviens-toi de ta jalouse mise à nue
Sous le regard effrayé de notre petite Laine blessée
Et délicieusement exposée entre ses deux garçons en rut
Que nous serons jusqu’au bout
Jusqu’à la porte étroite de la mort épuisée

Souviens-toi de ta façon de garder le mort
Et la vivante
Et de tes vieilles fautes d’orthographe
Publiées pour mon plaisir solitaire et secret
En édition originale
Et de luxe bien-sûr

 

 

****


Mea Culpa de quoi ?



Est-ce ma faute ma très grande faute
Ou ma toute petite
Si tu n’es jamais venu me prendre l’âme
Et le reste de mes jours en miettes ?

Est-ce ma faute ma très grande faute si Tu n’es pas venu
Me sourire une fois pour toutes les larmes ?

Que de cœurs perdus si le tabernacle est vide
Ô mon Seigneur des troubles bénitiers
Est-ce ma faute ma très grande faute si Tu n’es jamais venu à l’aube
Me réciter du Prévert ou me baptiser pour toujours ?