Guy Allix, poète

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Isabelle Pouchin

 

 
 
 

Isabelle Pouchin

 

Ne la cherchez pas dans vos rayonnages. Isabelle Pouchin n'a encore rien publié si ce n'est en revue (le dernier numéro des Cahiers du Sens notamment). C'est une voix singulière comme toute voix se doit de l'être. Une recherche certaine du mot rare, voire une forme de préciosité mais ce terme n'est aucunement péjoratif. Il y a derrière ces mots-là une vraie vie, une réelle générosité.

 

 

Ce matin au bureau, j'écris





Nos livres des riens sinon quelques fleurs
A peine
Qu’éparses dans les siècles
Nos venteuses paroles
Qu’est-ce que je fais là à écrouer ma jeunesse ?
Or
La fenêtre à soudaine ardeur
Met un fil rouge
Une baie sur la page
Une lune écarlate puis cela batifole cela ramifie cela braise faut-il
Continuer l’escarbille l’histoire de l’escarbille est-ce

Un début de sens ?

Est-ce que je n'attendrais plus
en vain ?

****

Je n'attends plus rien



Le grand trou d’août
Où ne même plus cueillir
L’épi d’égaiement
Quand l’oiseau la source chaude
Vous empoissent
D’ennuis longs votre bout
Ma goule
Aux glaces qui plus ne choient

Même les mots ne font plus frondes douces

****


Elle lit




Mots et cherche-t-elle
L’oiseau de lait
Mots comme
Elle fuirait sous des jupons
Sa tête pour la paume
Ronde et pavot

Cherche-t-elle

Attend-elle




****

Est-ce cela aussi vieillir ?




Quand nous sommes riches du chemin vous et moi
Des talus sépia des oiseaux de lait
Quand le bocage est un calme boudoir

Or la douce tige qu’est votre main
Foudre ténue que je n’ose
Parfois tenir

Est-ce cela ?

Est-ce d'attendre trop longtemps ?

****


Fatigue


Ce matin les genoux pis qu’un bois de vigne
Mains nuque
Les pensées d’une même noise

Ganache oui c'est ce que je serai

Jusqu’à la blanche faille du crépuscule
Une aile fuligineuse
Une lave un rose tulle
Donneront source herbage à ton ventre

Et le sel


Patiente


****


Van Gogh à son frère





Je tournerai toutes les couleurs
De la palette touillerai tous les bleus
Les bleu roi bleu pervenche bleu turquoise
Les bleu pers car tu sais
Plus riche plus savant
Le ciel d'ici
Plus incommensurable
Mais ma palette maniaque se guinde
Et je mouds je mouds sans cesse