Guy Allix, poète

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Gabrielle Althen

 
 
 

 

Gabrielle Althen, née en 1939, a une belle œuvre derrière elle. Elle fut professeur de littérature à l'Université de Paris X et on lui doit des nouvelles et des essais ainsi que des traductions (Rilke) mais c'est surtout la poétesse que nous retiendrons bien sûr. 

Il y a, entre autres, de beaux recueils parus chez Rougerie ou à la Barbacane par exemple. Ainsi cette Présomption de l'éclat, ouvrage qui obtint le prix Louis Guillaume et qui m'a longtemps accompagné.

C'est une vraie voix de ce temps. A lire, à relire. "le monde se noue ici"...

 

Contact : gabrielle.althen@wanadoo.fr

 

 

BRICOLES


Fleur vide balancée par le vent
La nudité jouxtant l'os
Le rien commun dans la corbeille
Le monde se noue ici.
On a lavé le jour,
Ah ce temps décousu du mensonge !
La mesure est vacante :
Y sommes-nous chez nous ?
Le vent retourne l'air
Une folle migration d'arbres suit
Le ciel ne bouge pas
- Nous non plus
Y aurait-il à faire ?
Petits bonshommes du contrebas, nous rongeons l'ombre
Les avions se promènent
Les trains partent tout seuls
Et l'on calcule des bricoles
Avec agitation nous rongeons l'ombre
Le vent pourtant retourne l'air
Petits bonshommes, le ciel ne bouge pas
Et je suis prisonnière bougeant ne bougeant pas
Le vent pourtant n'attente pas à la lumière



****
NE ME PARLE SURTOUT PLUS DE L’INIMAGINABLE




Ni la brise ni l’esprit ne se conjuguent à rien
La tête sans guide saisit la peur que tout s’arrête
Des yeux déjà se brouillent

Le cœur est invisible
Avez-vous déjà bien marché sur de l’angoisse ?
Bien que midi écrive par mots sombres
Bien qu’août mauvais pèse encore sur la tête du monde
Qui donc fera les premiers pas ?
Il y faudrait d’abord choisir ce que l’on quitte !

Ah ! l’ordinaire, l’ordinaire ! Ne me parle surtout plus de l’inimaginable !
Brusque aventure de la récolte en gris d’un rire de brume dont ma semence en tapinois veuille nous venir en partage