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Guy Allix, 2007
photo de Clémence Izabelle
Quelque part entre silence et fureur...
Depuis plus de trente ans, Guy Allix écrit une œuvre rugueuse et exigeante dans l'affrontement d'un destin précaire. Une œuvre nocturne mais sans lamentation, creusée dans le sillon des mots les plus simples, parsemée de quelques éclaircies et d'une "énergie qui sourd du corps" comme l'amour dans "des poèmes de sang et de sève" (Gérard Poulouin). Sans effusion lyrique, le bonheur des mots s'y conjugue à la torture du langage. J.M.G Le Clézio parle de "détermination" et de "force" et dit d'un recueil de Guy Allix que c'est "un livre comme un bûcher". Chez ce poète agnostique et rebelle, il y a cependant comme un souffle mystique et le poème s'impose parfois comme une prière. Gilles Perrault ne s'y était pas trompé en déclarant il y a vingt ans "Il faudrait lire Mouvances mes mots, comme les croyants font de leurs textes sacrés à petites étapes, par bribes et morceaux, dans les temps creux comme dans les temps forts, pour y apprendre selon les heures la dérision de l'existence ou son exaltation." A l'écart des salons et des intellectuels de parade, l'auteur continue un travail secret sur le chemin de l'essentielle et inaccessible humilité. Un travail alimenté par la seule raison qui vaille : la vie même entre douleur et douceur, entre fragilité et espérance. Toute la vie.
Portrait par Jacques Basse
"En ce début de vingt-et-unième siècle, Guy Allix demeure, me semble-t-il, un créateur assez irrécupérable."
Jean-Luc Maxence