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Chantal DUPUY-DUNIER

 

 

 

Née en Arles le 28 novembre 1949.

Vit à Cronce, tout petit village de la Haute-loire.

Psychologue clinicienne.

Fait partie du Comité de rédaction de la revue poétique ARPA.

A animé pendant 11 ans un atelier d'écriture et de lecture poétiques à Clermont-Ferrand.

Intervient dans les classes.

Donne des spectacles-lectures.

 

Auteur d’une douzaine d’ouvrages, dont :

La contrebandière des Sorgues (ou la mémoire de l'eau), 1992, Éditions La Bartavelle.

Initiales (encres de Michèle Dadolle), 1999, Éditions Voix d'encre  (PRIX ARTAUD 2000).

La marche du milieu (encres de Michèle Dadolle), 2001, Éditions Voix d'encre.

Des ailes (encres de Michèle Dadolle), 2004, Éditions Voix d'encre.

Creusement de Cronce (encres de Michèle Dadolle), 2007, Éditions Voix d’encre.

 

Vient de paraître :

Un n’oiseau, des z’oiseaux, collection Mouchoirs de poches, éditions Motus.

Où qu’on va après ?, Éditions de l’Idée Bleue, dans la collection  Le Farfadet Bleu.

Éphéméride, Éditions Flammarion / Poésie.

Saorge, dans la cellule du poème, avec des gouaches de Michèle Dadolle et une préface de Bernard Noël, Voix d'encre, 2009.

 

Si elle met des rêves entre parenthèses, Chantal Dupuy-Dunier sait aussi prendre la feuille d'un mot et la plier pour qu'elle devienne autre. Des images justes sans une syllabe en trop quand la question essentielle est posée : « Pourquoi écrire ? »

 

1

 

 

Juste un homme parfois,

                           seul,

agenouillé sur un sac à dos,

prie-Dieu des temps modernes.

La main tendue vers les regards,

                 en lui,

              peut-être,

le souvenir de quelques pétales.

Les yeux tendus vers une main.

                ( Surgirait d’une poche banale,

                   serait chaude.)

Mettre ce rêve entre parenthèses,

pas le confondre avec le réel.

 

 

2

 

 

Je prends la feuille d’un mot

et je la plie,

              qu’il devienne autre,

               tente de tenir debout.

 

              ( Un pli )

 

Vallée au-delà de la cour,

montagne aux hanches lourdes.

 

               ( Un pli )

 

Air de solfège

pour instrument à cordes.

                ( Avec le vent,

                   on ne peut faire de nœuds coulants.)

 

3

 

 

Un arbre.

Des chevaux s’y poseraient,

                         insectes ou colibris.

 

L’arbre pousserait

au milieu des vestiges de la tour

depuis davantage d’années que nous.

 

Pierres.

Les mains qui les taillèrent,

avec un peu de la poussière des pierres

mêlée à celle des mains.

 

Quelques signes se diluent.

 

 

4

 

 

Terreur,

l’idée que

ton dos pourrait me faire défaut

et que je ne deviendrais pas même un oiseau.

 

Où se trouve le bord,

ce que l’on nomme une ligne horizontale ?

Pourquoi trop penser

au lieu de faire la planche loin des rochers ?

Au lieu d’errer au bout d’un parachute

sans me poser la question métaphysique de la chute ?

Pourquoi écrire ?