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Roger Dautais

 

 

Bio-bibliographie :

Roger Dautais est né en Bretagne en 1942. Il est marié, père de deux enfants et grand-père de deux petits enfants.

Etudes : beaux arts de Rennes, école de photographie dans l’est de la France… horticulture, paysage, décoration.

Il a publié ses premiers textes, poèmes et nouvelles dans des revues spécialisées ainsi que dans les quotidiens, Ouest France, Le Télégramme de Brest, Sud Ouest, Asahi Shinbum (Japon), The Sunday Times (Angleterre).

A travaillé avec Yvonne Guégan : réalisation d’un livre d’artiste commun, avec film inclus (J.Mahler).

 A publié des livres pour enfants :

Les Anges aux Pattes Rouges. Editions du petit chemin, Charles Corlet, 2004.

Muze et Potiron au pays des milles lacs, éditions du petit chemin, Charles Corlet, 2007.

 A co-réalisé un film documentaire destiné à illustrer le Musée de la Typographie, qu’il a ouvert à La Ferrière aux étangs, dans l’Orne.

    Roger Dautais est surtout connu pour son œuvre de Land Art, discipline à laquelle il se consacre depuis dix ans.

Que ce soit, dans le sud du Maroc (Agadir, Tafraout, le moyen Atlas) ou dans le sud de la Tunisie (Djerba, Matmata, Douz, Médenine), il aime à croiser les cultures, créer des installations éphémères « in-situ  », hommage rendu aux berbères rencontrés pour les remercier de leur accueil et de leur sens de l’hospitalité.

Ces parenthèses de création vécues à l’étranger, il reprend la route en France et sillonne inlassablement, plages, grèves, berges de fleuves et rivières, campagne et carrières pour créer sans cesse, installer, poser sa marque, écrire à même le sol, dans cette nature qu’il aime tant, l’histoire de sa vie d’artiste.

Rêveur impénitent depuis son enfance à laquelle il est resté fidèle. L’art et la création auront pris une place majeure dans sa vie. Et la résistance à l'ignoble. 

Une vie belle et riche et folle comme je les aime... Je me vois obligé de la résumer en espérant qu'elle se prolonge longtemps encore….

 

Roger DAUTAIS, 1913 le bois appartement 89, 14200 Hérouville saint Clair

Tel 02 96 39 14 72   O6  62 51 95 56  

roger.dautais@numericable.fr

 

Voir le blog : http://rogerdautais.blogspot.com

 

Je ne connais Roger que depuis peu mais j’ai l’impression de la connaître depuis toujours. Je l’ai rencontré sur son blog où il saigne à n’en plus finir chaque jour ou chaque nuit. Là, dans ce sang, j’ai trouvé de merveilleuses pépites. Et depuis Roger m’accompagne et nous aimons nous retrouver chaque samedi place Courtonne à Caen devant un café. Il m’a même fait visiter, beau privilège, dans un cimetière de Caen ces « tombes jumelles » qu’il entretient régulièrement contre l’oubli depuis 15 ans. Emouvantes tombes jumelles dans ce carré des indigents qui parlent comme personne.

Je n’étais pas un fan du Land Art mais Roger sait convaincre : « Le land art est colère, rébellion, liberté. Le land art, est le sang de la Terre nourrie des hommes qui y sont enterrés. Le Africains savent cette chose, les Celtes aussi, les Basques, Les Bretons, enfin la Terre entière le sait. Qui prend le risque de le dire. A nous de sortir des conventions si nous voulons découvrir nos propre codes de fonctionnement, si nous voulons créer en toute sérénité, au sein de la Nature. » Le Land Art c’est donc de la poésie ?...

Roger n’a publié aucun recueil et il n’en publiera peut-être jamais. Qu’importe, la poésie est là et il faut l'attraper au passage, retenir chacun de ces poèmes de peur que leur auteur ne les oublie (il connait tellement la valeur de l'éphémère !) comme une installation de Land Art trop vite effacée.

C’est une poésie à hauteur d’homme qui hurle la révolte et dit sans fin l’urgence d’exister, l’urgence d’aimer. A côté de ces mots si humainement habités combien les élucubrations des petits maîtres paraissent fades !

 

 

à Lejb Grinbaum, à son voisin, à Sylvie
et à Manue, si sensible...



Nous sommes déjà
Faits
De ce néant qui nous attend.

 

***

Le petit chat est mort


L'emprunt est de rigueur

l'hiver aussi

pour la gargouille de la Rue Froide.


Les ténèbres ne sont

ni de droite

ni de gauche

elles sont...

tout simplement.


La mère lèche son enfant mort

et la mer les sables ensanglantés

des plages de Normandie.


Les oreilles et les bouches

les yeux, le nez la langue

sont mariés au gibet,

la Chaconne à la mort.


La mort est de retour,

mais la vie nous sourit.

 

 

aux femmes d'Orient...


***

Femme fétichée

comme une gazelle

 

ta course éteint le feu

au passage.

 

Mais le vent fou du désert

ravive

les braises rouges comme

ta bouche

 

quand
elle mord le vide.


Atteindre
les Pléiades ou Cassiopée


constellations de toi

expulsées d'une vaginale plainte


poignée de sable jetée au ciel

accrochée à la voûte.


L'Orient me fascine

me danse


me transe

m'envoûte

Je retombe, flasque

fétiché à mon tour.

 

***

 

à Joseph Elouk,
ce poker d'as...



Trèfle...

J'ai connu des hivers de paroles
gelées
et la mare aussi, avec ses grenouilles mortes.



Carreau...


Enfants cachés de Dréfféac,
petits frères et soeurs de guerre
pour vous, ni étoile ni camp, seulement, l'abandon.


Coeur...


Les moulins de Bilet prédisaient
un avenir
délirant, comme ils avaient raison.


Pique...


Je n'aimais pas le dire, ce mot
l'écrire, m'était pénible
je le crie derrière elle, disparue.


Joker...


Pas de tombe, non, des coquelicots
rouge sang
et le chant d'une alouette comme une couronne.

 

***

à celle que j'aime,
Marie-Claude...




Je veux mourir
engrossé de vous
Femmes infidèles.

Je suis de la
même race.

Chien enragé.

Non accouché par vous
de mes pauvres mots.

Allons,
La partie n'est pas finie.
Rions ensemble.

 

***

à Lucien, Moïse Dautais
mon père...




C'en est fini
de compter les étoiles
Elles peuplent mon firmament.

 

 

***

à Guy Allix



Dire ce chemin
Et partant, oublier de marcher
C'est, manquer écrire.

 

***

 

Il est trop tard
Pour mentir
Trop tôt pour mourir.
Il est temps de tout vivre
Comme avant.

 

***

à Myriam Montoya



Ne rien regretter
Ni le gel, ni le sol rugueux
Ni le dos cassé au travail
Se courber seulement,
Devant la Nature.

 

***

à Lejb et René...



Tombes jumelles
Que le lierre retient
De glisser dans l'oubli