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OLIVIER DESCHIZEAUX

 

Né en 1970 à Villefranche-sur-Saône (Rhône), Olivier a grandi dans un quartier populaire, au sein d'une famille aimante, unie et croyante où il s’est épanoui. Il est reste très lié aux siens. A dû arrêter ses études pour raison de santé. Habite Lyon depuis 1994. Olivier a deux passions: la Poésie et la musique. Influences : André Breton, Arthur Rimbaud, Allen Ginsberg (ses trois A).

 

A publié deux livres aux éditions Rougerie, La chambre close (2004, prix Louis Guillaume) et Le soldat mort (2007). Plusieurs publications en revue : verso, Pyro, Arpa, Bacchanales.

 

Un livre-objet : Etranges Noblesses (2008, Huguet Ed).

 

 

"Mes mots sont de la terre prise aux cimetières antiques" écrit Olivier Deschizeaux qui est un des nouveaux poètes très prometteurs publiés par Rougerie. De très courts poèmes (une phrase pour la plupart) dans une prose très ciselée. Des textes jetés  par un "je" parfois rimbaldien effectivement. On pense notamment à Ma bohème ou à certains textes des Illuminations. Mais ce n'est pas du Rimbaud. C'est du Olivier Deschizeaux. Oui, cela existe. 

***

 

Poèmes inédits

 

HYMNE

 

Je lance des hymnes aux deux rives, à mes rêves défunts qui se balancent au rythme des folies, la solitude est mon plus précieux compagnon d'arme, je ne crois qu'aux vulgates qui se propagent telle une rage dans l'orage d'un opéra céleste, ma chair est un sel noir pour les rats qui croassent à mon âme, je lance des visions d'apocalypse sur la prison de mes enfances.

 

***

 

OPULENCE

 

C'est dans l'opulence de ta chair que je cherche la lutte, ta chute de ventre est un don des mages, j'erre en une nuit de chagrin, mes yeux sont couverts de peine, j'aurais aimé être le premier de tes vergers, mais dans l'humble solitude de la mort tu soliloques en tristesse, les renégats- et les corsaires du grand hôtel érigent des fougères de sable, le temple semble se dissoudre sous mes paupières encloses, ma chambre est un leurre.

 

***

 

PEAU

 

Parfois quand les lumières de la nuit s'éteignent je sens ta peau sous mes doigts, et j'en joue comme d'un piano ivre, mon souffle est court, les centurions louvoient près de ton catafalque, qui croire en ces temps maudits où les lièvres ne portent plus comme rêve qu'un chapeau de cirque, rien n'arrête le train de minuit, celui qui emporte ma jeunesse en ses rails et qui taille mon enfance en ombres ouvrières.

 

***

 

JOURNAL

Comme l'aigle rimbaldien le lion tient secret son journal intime, sa chambre est une invitation à la liberté des raisons, les loups lèchent les prisons qui n'ont ni crocs ni saisons, je m'en tiens à ce que tu fis de moi, un être sans lit ni flot, je suis un fleuve qui n'a plus que quelques nuits à vivre avant la mer, mes mains sont salies par la poudre de ta chair.

 

***

 

VICTIME

 

Mort sur un guéridon, le sang des étoiles dans les veines de la vierge, et cette victime qui s'allie aux étrangers de la non-vie, ma vue baisse, je ne vois plus que l'air brun sur mes chairs ensorcelées, jamais je n'oserai parler ainsi aux fougères de marbre qui peuplent mon corps, le pus dégouline sur la vitrine de me sens, je ne suis plus qu'un songe parmi les singes.

 

***

 

CIERGE

 

Je ne parle qu'aux astres morts, mes mots sont de la terre prise aux cimetières antiques, tu fus mon cantique et maintenant tu erres dans les bois de la folie, les fjords de cris et d'alcools sont la drogue du chien qui couve mon cierge, ce cierge qui brûle en des églises de foire, je saurai être un christ nègre parmi les vipères du temple, nul ne peut étendre son sang plus bas qu'en géhenne où meurent mes rêves, tu fus mon ciel, je suis ton filet d'éternité.