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Née à Paris en 1945.
Vit dans la région parisienne
Collabore à de nombreuses revues qui ont publié ses poèmes ou ses notes de lecture sur des recueils (Interventions à Haute Voix (comité de lecture), Friches, Voix d'encre, Le Coin de Table, Coup de Soleil, Spered Gouez, Traces, Glanes, Poésie -sur- Seine...)
Huit recueils de poèmes publiés :
_ A mi- voix, Ed. Caractères, 1994
_ Lumière douce au toucher, Ed. La Bartavelle, 1995
_ Saisons Déclinées, Ed. La Bartavelle 1999.
_ Le Passager des peurs anciennes, Ed. Caractères. 2001 - Ombres dans le ciel, haïku, Ed. Caractères, 2003
_ La rose est mon amante, Ed. Caractères ,2005
_ Résonances, haïkus, avec Chantal Peresen-Roudil, Ed interventions à Haute Voix, 2006
_ En Marge des rues étroites, Ed. Caractères, 2007
Poèmes parus en anthologies
_ Anthologie du haïku en France, Ed. aléas, 2003
_ Eclair soudain, Association Française De Haïku 2005
_ Regards de Femmes, haïkus francophones , Ed. Adage (Québec) et Association
Française de Haïku, 2008
"Pourtant, pour qui sait voir, la poésie reste bien vivante, même si, dans notre monde technocratique, elle doit souvent emprunter des routes secrètes. Des hommes, des femmes trouvent en elle un climat, une respiration que la société contemporaine leur refuse. Ainsi d'Éliane Biedermann, qui, à la fois comme poète, comme bibliothécaire, animatrice et critique littéraire, mène le bon combat pour la lecture, et ce faisant, nous donne le sentiment qu'elle vit en poésie. Si on l'interroge sur ses maîtres, dans ce domaine, elle cite volontiers Hugo, Baudelaire, Verlaine, Apollinaire, L.orca, Eluard, mais aussi Emily Dickinson, les poètes persans du Moyen Age et les japonais voués à l'art du haïku. C'est donc dans une lignée de poètes de la sensibilité, du l'harmonie et du lyrisme - aussi maîtrisé soit-il - qu’elle se situe."
Jean Joubert, préface de La rose est mon amante
Oui, l’univers poétique d’Eliane Biedermann baigne avant tout dans une grande sensibilité. Pas d’artifices ici mais une grande économie de moyens. Quelques phrases simples, voire minimales, qui tracent les touches essentielles d’un tableau patient et essentiel où lamort et la mer se côtoient souvent. Paradoxe cependant qui montre une belle complicité avec les mots : c’est ce souci d’économie, semble-t-il, qui peut entrainer parfois Eliane jusqu’à la création de néologismes heureux, ainsi le verbe « reculer » en construction transitive et le verbe « envoler » en construction non pronominale dans La rose est mon amante. Voilà qui, mine de rien, travaille la langue au plus serré. Il faut se laisser prendre à cette parole-là qui fait plus qu’elle ne semble dire quand « l’amour est une lampe qui vacille ».
Les textes suivants sont extraits du recueil En marge des rues étroites publiées aux éditions Caractères (7, rue de l’Arbalète, 75005 Paris)
Contact : Ebiedermann16@aol.com
Je regarde l'eau claire
laver au fond de moi
ses éclats de cristal
Le soleil suspend ses chimères
à la tenture du ciel
Les nuages dansent
une lente pavane
Toujours avancer
au-delà de soi
Toujours regarder
par devers soi
les autres
les chemins de la mer
et fuir la morte-saison
qui coud ses chansons tristes
au temple de l'hiver
***
Boule de feu entre les pins
le soleil descend sur la mer
Les souvenirs éclosent
comme des bulles
Le temps inexorable
défile sous nos tempes
Chacun se cache derrière ses paroles
Gardien des secrets
l'océan impassible
écrit sa musique sacrée
sur un bleu infini
***
Les tombes s'ouvrent une à une
sur les défunts revenus
de la caverne claire
où s'écoulent leurs jours
Les morts n'épargnent aucun effort
pour trouver des paroles de consolation
Ils nous attendent avec patience
***
Quand la nuit cherche ses étoiles
dans un ciel qui s'éteint
quand le soleil s'inscrit
dans la pierre et le gel
que le givre s'immisce
au fond de nos paroles
la quête des étoiles perdure
l'hiver nous comble de promesses
***
Nous cheminons tous
oubliant que nous fûmes bercés
sur des chemins de terre
éclairés de néons
La route familière
s'efface sous une brume intense
Nous marchons cependant
car il faut bien aller
quêtant des étincelles d'amour
dans le flux des saisons
***
Lamento
Que veut-elle dire la mer
avec son lamento profond
par les jours de grand vent
Pourquoi fracasse-t-elle
ses montagnes mouvantes
aux crêtes de lumière
De quoi se plaint-elle la mer
les mouettes la fréquentent
comme une vieille amie
Elle n'effraye pas la grève
L’homme n'a pas appris
son alphabet étrange
et toujours se demande
ce que la mer veut dire
qui nous laisse orphelins
dès qu'elle se retire
***
L'hiver abolit les saisons
dans un jour cotonneux
accroché sur les toits
Les journées s'éternisent
avant de basculer
on ne sait où
Dans l'aube un souvenir
éclaire une maison d'enfance
et la voix de ma mère
comme un ruisseau qui chante
***
L'aube naît doucement
comme un rêve d'écume
apporté par la mer
Des oiseaux ivres
chahutent dans le lierre
Leurs chants prodiguent
au jour nouveau
consolation et promesses d'été
***
Des fragments d'automne
touchent d'écarlate
les villages obsolètes
Les champs continuent
leur soliloque inutile
à l'horizon
Dans le froid de novembre
un rosier griffe
de son amertume
une tombe oubliée
qui offre sa blessure
comme une nuit de feuilles
***
L'image de ma mère
tremble près d'une étoile
laissant dans son sillage
une berceuse meurtrie
L'énigme du remords
remonte dans ma paume
L'imploration d'une prière
où Dieu brûle sa source
nimbe le poème
de larmes et de roses